Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES)
Mise sur pied en novembre 2004, la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle - la CLES - mène un travail de conscientisation et d'intervention, fondé sur l'expérience et les témoignages de femmes aux prises avec la prostitution, pour défaire les mythes entourant l'industrie du sexe et démontrer son rapport à d'autres violences faites aux femmes.
Le comité jeunes féministes de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) joint sa voix aux individuEs et groupes qui ont dénoncé la répression policière qui s’est traduite par des violations massives et arbitraires des libertés civiles les 26 et 27 juin derniers à Toronto. Alors que les dirigeants des pays les plus puissants de ce monde se réunissaient dans le cadre de la tenue du G 20, la Ville Reine a été le théâtre du plus grand nombre d’arrestations dans l’histoire du Canada.
Un nombre important de personnes ont été appréhendées sans motif raisonnable par les policiers durant ladite fin de semaine, leurs sacs fouillés, leurs infos personnelles notées et possiblement diffusée à travers les corps policiers du groupe intégré de sécurité. Plus de 1000 personnes ont été arrêtées, dont la majorité a été libérée sans accusation (parfois après plusieurs heures, voire des jours de détention). Toutefois, quelques centaines de personnes font face à des chefs d’accusation dont certains sont très graves comme les accusations de complot dans le but de commettre un acte criminel – sans toutefois spécifié lequel!
Les témoignages des personnes appréhendées et des témoins sont unanimes et on-ne-peut-plus choquants. Les exemples de violation des droits humains les plus fondamentaux sont nombreux : intimidation, harcèlement, arrestations arbitraires, raids dans des résidences privées et lieux d’hébergement, kidnappings, conditions de détentions inhumaines (privation d’eau, de nourriture, de sommeil, de vêtements chauds, de liberté de mouvements élémentaires), vols de bien, fouilles à nu, humiliation, sévices physiques et psychologiques. Nous dénonçons ces actes ignobles perpétrés en toute impunité par les forces de l’ordre et financés à même les poches des contribuables (près d’un milliard de dollars).
Plus spécifiquement, nous tenons à dénoncer haut et fort les violences ‘genrées’ dont les femmes ont été victimes.
Lexique d'une lutte contre l'exploitation sexuelle
Rédigé par Stéphanie Charron
Dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, les mots ont un rôle central. Tantôt accusateurs, tantôt approbateurs, ils permettent d’apprécier, de juger des phénomènes, de nommer des maux, de dénoncer des injustices, de mettre des mots sur des systèmes maintenant des groupes de personnes dans un état de survie et d’avilissement. Utiliser un mot plutôt qu’un autre relève souvent d’une prise de position et même d’un choix politique sans en avoir toujours conscience.
C’est pourquoi la CLES vous propose, Dire les maux, un lexique abolitionniste pour parler de lutte contre l’exploitation sexuelle. Ce lexique vous sensibilisera à la portée des mots quand on parle d’un sujet aussi sensible. Cet outil révèle aussi des aspects moins connus des réalités de l’industrie du sexe et du vécu des femmes qui y sont prostituées. En vous procurant ce lexique, vous participez à la prise de conscience nécessaire pour lutter contre l’exploitation sexuelle commerciale des femmes et des filles.
Pour commander le lexique écrivez-nous un courriel à
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ou appelez nous au (514) 750 4535.
À METTRE À VOTRE AGENDA………………………PLUS D’INFORMATION AU MOIS D’AOÛT
LA RUE, LA NUIT, FEMMES SANS PEUR!
LE 24 SEPTEMBRE 2010
FAITES DU BRUIT
POUR :
Dénoncer la violence et l’exploitation sexuelle que nous subissons, trop souvent tolérées et banalisées dans notre société[1] ;
Se réapproprier la rue et l’espace public en tant que femmes parce que nous revendiquons le droit de nous sentir en sécurité n’importe où et n’importe quand ;
Être solidaires de toutes les femmes, dans la reconnaissance et le souci de leurs réalités particulières ;
Se montrer visibles en tant que féministes à un moment où les tenants de la droite et de l’antiféminisme voudraient bien nous faire taire, et où plusieurs croient, à tort, que l’égalité des sexes est déjà acquise.
À l’initiative de la *Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle *(CLES) et du *Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel *(RQCALACS), les groupes signataires[2] lancent un appel à l’action pour la/ Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes 2010./
A l'heure où les populations sont saignées à blanc par les États en faillite d'une économie libérale déchaînée, où le chômage atteint des proportions excessivement alarmantes, où l'Europe exige d'énormes réductions de la qualité de vie des salarié-es et des chômeurs-chômeuses, où les services publics se rétrécissent, où la situation des femmes se dégrade dans tous les pays du monde, c'est dans ce contexte que, massivement les hommes de la planète de 7 à 99 ans sont happés par les média, sont obnubilés par le foot, ne pensent plus à rien d'autre, ne parlent plus de rien d'autre.
Le foot, expression du capital prédateur, s'alimente de l'angoisse des gens, tire profit de leur désarroi leur faisant miroiter l'appartenance à un collectif ou l'identification à ces millionnaires dont la seule qualité est de savoir jouer au ballon, ce qui devrait être populaire et non financier.
A l’horizon se dessinent trois événements sportifs d’envergure :
Coupe du monde en Afrique du Sud.
Formule 1 à Montréal.
Grand Prix de Trois-Rivières.
Déjà l’organisation sportive est en marche mais plus silencieusement s’organise le commerce sexuel qui prend des proportions effarantes en ces occasions. L’appât du gain sacrifie la dignité des femmes et des enfants qui se voient « attrapés » dans ces réseaux infâmes.
Colonialisme et exploitation sexuelle des femmes des Premières nations au Canada
Aux fins de citation: Lynne, Jackie (1998) «Colonialism and the Sexual Exploitation of Canada's First Nations women», document présenté au 106e Congrès annuel de l’American Psychological Association, San Francisco, Californie, le 17 août 199 8.
Dans la vie des femmes des Premières nations canadiennes, la prostitution de rue est une forme fondamentale d’oppression sexuelle dont le caractère d’exploitation s’enracine au tout début des relations coloniales. Historiquement, ces relations patriarcales et capitalistes ont constitué une subjugation collective des femmes des Premières nations. Cette oppression sexuelle collective, fondée sur l’identité de sexe, nous a constituées en classe inférieure, tant aux yeux des hommes des Premières nations que des hommes d’autres nations. Cette domination sexuelle des femmes des Premières nations n’a rien perdu de son intensité à ce jour, grâce à la solide emprise du patriarcat. Cette domination a eu, et continue d’avoir, des répercussions profondes et persistantes dans la vie des femmes des Premières nations. Le présent article décrit certains aspects de l’enracinement historique de l’exploitation sexuelle de ces femmes.
Les femmes des Première nations qui ont été prostituées sont des exemples patents de l’intensité des blessures infligées par le patriarcat. De plus, lorsque l’oppression sexuelle se conjugue au racisme et au capitalisme, ces blessures sont encore plus graves – et les femmes des Premières nations vivent ces violences conjuguées depuis plus de 500 ans.
Le Prix Égalité a pour objectif de faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes au Québec en faisant connaître les initiatives les plus prometteuses.
Au total six (6) lauréats porteurs de projets sont sélectionnés pour recevoir ce prix. La CLES a obtenu le prix égalité dans la catégorie prévention à la violence pour son projet en cours : Formation et prise de parole contre l'exploitation sexuelle commerciale des femmes et des filles.
Ce Prix est une reconnaissance importante du travail que les militantEs, les travailleuses, les partenaires et alliéEs de la CLES accomplissent depuis maintenant plusieurs années. Merci donc à toutes celles et ceux qui nous accompagne et nous supporte dans notre lutte pour un monde sans prostitution ainsi qu'au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour cette belle reconnaissance.
Félicitation à toutes les lauréates et les finalistes du prix égalité!
Je suis une jeune femme de 35 ans. Pour moi, la prostitution s’est échelonnée sur une durée d’un an et demi en tout. Je n’ai jamais pensé que cette expérience, somme toute pas très longue, laisserait dans ma vie autant de dommages aussi profonds. J’inclus dans ce bilan la dévastation de mes relations interpersonnelles et sociales et des dommages irrémédiables auprès de mes enfants et de ma famille. Je ne peux estimer les torts laissés à mon corps, mon âme et l’estime de moi, mais le constat de destruction est flagrant. Ma sexualité demeure, pour le moment, affligée de dommages irréparables et les ravages sont aussi colossaux dans toutes mes relations avec les hommes. Ces hommes… « mes clients »… Ces exploiteurs, mes abuseurs, ces pervers, mes pourvoyeurs d’argent et de matériel, mes inconscients, ces hommes… que je ne pourrai plus jamais voir avec les mêmes yeux.
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